Le Chemin de Croix de Saint-Hilaire

08/02/2007 - Lu 37993 fois
 

 

Le CHEMIN de CROIX

de l'église St Hilaire de POITIERS 

 
 

On n'oubliera pas que ces quatorze stations, toutes différentes dans leur esprit et leur expression, sont là, d'abord, pour notre méditation et notre prière. A partir de cette oeuvre d'art, chacun peut retrouver son chemin personnel vers la Croix du Christ.

 
 

STATION 1 : Jésus condamné à mort

Il y eut Caïphe, Hérode, les soldats,« le manteau de dérision, la couronne d'épines, la flagellation, la condamnation par Pilate ... Voici les larmes du visage douloureux de Jésus.

STATION 2 : Jésus chargé de sa croix

Ici, plusieurs feuilles de plomb ont été utilisées. Selon l'auteur, cela n'a pas de signification particulière. On ne voit pas le visage du Christ, seulement une main, et la croix.

STATION 3 : Jésus tombe sous le poids de sa croix

La tête de Jésus, à terre, appuyée sur le bois de la croix (la croix représentée en réduction) 

 
   
 

STATION 4 : Jésus rencontre sa mere

Jean Claro évoque ici la rencontre d'une maman et de son enfant dans la détresse. La tête de la mère est inclinée vers le fils dont la main tendue serait comme un appel au secours. Et leurs bras se croisent. On pourrait croire que le regard de Marie est tourné vers le ciel.

STATION 5 : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

Là encore, la croix est représentée en réduction. Simon la prend à bras le corps. Jésus est tombé. Sa tête est représentée en creux.

STATION 6 : Une femme essuie le visage de Jésus

Le visage de Jésus reste visible sur le voile de Véronique, comme en transparence. 

 
  
 

STATION 7 : Jésus tombe our la deuxième fois

Jésus plié en deux sous le poids de la croix, sa tête touchant terre.

STATION 8 : Jésus parle aux filles de Jérusalem

En premier plan, Jésus, de profil. A droite, les visages de trois femmes, en larmes.

STATION 9 : Jésus tombe pour la troisième fois

Jésus est assis à terre, on voit ses deux mains, la droite sur son genou, sa tête appuyée sur le bois de la croix, qu'il retient de son bras gauche. 

 
   
 

STATION 10 : Jésus est dépouillé de ses vêtements

La tunique est étendue par terre. On y voit les trois dés (421), qui ont servi au tirage au sort. En partant, un des joueurs a laissé la marque de son pied.

STATION 11 : Jésus est crucifié

A l'arrière, l'extrémité du bois de la croix. La main droite de Jésus percée d'un clou, le sang coule de la blessure.

STATION 12 : Jésus meurt sur la croix

Le visage de Jésus, éclaté. La mort est un grand vide, une déchirure. On peut entendre le cri: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as tu abandonné ? C'est l'image la plus étonnante de cette série. Comme pour les autres stations, chacun peut en avoir une interprétation différente, selon sa sensibilité personnelle.

 
  
 

STATION 13 : Jésus est descendu de la croix

Du corps déposé à terre, on ne voit qu'un pied, ainsi que les clous qui retenaient Jésus attaché à la croix.

STATION 14 : Jésus est mis au tombeau

En pensant à Jésus, dans son linceul, entouré de bandelettes (visibles sur la sculpture), l'auteur veut représenter non pas une momie mais une chrysalide. La momie serait un arrêt dans la mort, mais de la chrysalide va sortir une nouvelle vie. 

 
  
 

Jean CLARO est né à Alger le 28 novembre 1929.

Elève de l'Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris de 1952 à 1956, il travaillera ensuite, durant deux années, dans les ateliers du sculpteur Belmondo. En 1959, il obtient le diplôme national des Beaux Arts, section sculpture. Il rentre alors en Algérie, comme enseignant à l'Ecole des Beaux Arts d'Oran.

Il reviendra en France dans des conditions dramatiques, après avoir été victime d'une agression. Nommé à l'Ecole des Beaux Arts de Poitiers, il y enseignera la sculpture jusqu'à son départ à la retraite.

En 1962, Jean Claro a trente trois ans. Il est blessé dans sa chair et dans son âme. Il vient de perdre un pays, des amis, il se sent anéanti. Sur la proposition d'un prêtre, ami de sa famille, il entreprend de créer ce Chemin de Croix, à partir de feuilles de plomb.

Il réalise cette oeuvre dans le contexte de la sculpture contemporaine. C'est un compromis entre le figuratif et le symbolique. Suivant la technique du gros plan, bien connue au cinéma, on ne voit jamais une scène en son entier, on souligne un détail significatif.

Ce Chemin de Croix a été inauguré dans l'église Saint Hilaire de Poitiers le 15 janvier 2000. 

 
 

J L. V et P. B : 11 2001
Photos Clément Noireau