Les orgues de St-Hilaire

08/11/2006 - Lu 32994 fois
 

Le grand orgue de l'église Saint-Hilaire de Poitiers

 

a été construit par Georges WENNER, facteur d'orgues à Bordeaux, entre 1881 et 1883. Il comporte 30 registres répartis sur 3 claviers et un pédalier. Il a été monté dans l'église Saint-Hilaire, entre juillet et octobre 1884, sur une tribune construite par Pierre GROS, charpentier et paroissien de Saint-Hilaire, sur les plans de M. FORMIGE, Architecte du Ministère des Beaux-Arts, en 1881.

Cet orgue a été béni, pour la première fois le 16 novembre 1884 par le chanoine DELAFOREST, Archiprêtre de Saint-Hilaire qui a composé, spécialement pour cette cérémonie, une prière de bénédiction dont le manuscrit est conservé aux archives de la paroisse

L'orgue de WENNER, a été entretenu par divers facteurs jusqu'en 1892, date à laquelle l'entretien est assuré par le facteur nantais Louis DEBIERRE. C'est DEBIERRE qui est chargé de faire un relevage avec une remise au goût du jour entre 1901 et 1902.

D'une robuste constitution, l'orgue de Saint-Hilaire a traversé un siècle sans devoir subir de notables réparations. A la fin de XXème siècle, cependant, le poids des ans commençaient à se faire sentir. A la demande des organistes de l'époque, Annie BACHELIER et Louis VACHER,  le Père Jacques LEFEBVRE, alors curé de la paroisse, mit en chantier l'étude d'une éventuelle restauration de l'instrument.

En janvier 1985 fut fondée l'association culturelle Saint-Hilaire dont le but statutaire est de mettre en valeur le patrimoine culturel et artistique de l'église Saint-Hilaire, en particulier le grand orgue.

En 1987, l'orgue fut classé monument historique, pour la partie instrumentale oeuvre de Georges WENNER, à l'exclusion des modification apportées par DEBIERRE en 1902.

L'Etat, devenu protecteur de l'instrument, demanda au Père Philippe BACHET, technicien-conseil pour les orgues historiques, d'entreprendre l'étude préalable à la restauration de notre grand orgue.

Dans l'attente de la grande restauration, un relevage de la mécanique fur commandé à Jean-Pascal VILLARD, facteur d'orgues de la région, qui effectua les travaux en 1991.

En 2001, la commission supérieure des orgues historiques étudia le projet du Père BACHET, le rapporteur étant Georges LARTIGAU, qui est justement apprécié pour sa connaissance des orgues de cette époque. La procédure d'appel d'offre publique attribua le chantier au jeune facteur d'orgues Gérard BANCELLS dont les ateliers sont à Rabastens dans le Tarn. Après un démontage complet de l'orgue en juillet 2003,  l'instrument vient de retrouver sa tribune et un nouvelle jeunesse.

Très proche de l'origine, mais tenant compte de quelques apports bénéfiques de l'intervention de Louis DEBIERRE, la composition de l'orgue est actuellement la suivante :

I. Grand-Choeur : Flûte harmonique 8, Dulciana 8, Flûte octaviante 4, Plein-jeu progressif III-VI rangs, Bombarde 16, Trompette 8, Clairon 4.

II. Grand-Orgue : Bourdon 16, Bourdon 8, Montre 8, Kéraulophone 8, Salicional 8, Prestant 4, Cornet V rangs (au 3ème Do).

III. Récit (expressif) : Quintaton 16, Bourdon 8, Flûte à pavillon 8, Flûte octaviante, Violoncelle 8, Voix Celeste 8, Voix Humaine 8, Hautbois 8, Trompette Harmonique 8, Clairon 4.

Pédale : Flûte 16, Flûte 8, Flûte 4, Bombarde 16, Trompette 8, Clairon 4.

 

 
     
 

 

Une présentation du grand-orgue de St Hilaire ne peut passer sous silence l’existence d’un orgue secondaire acheté par la paroisse en 1913 pour faciliter l’accompagnement des chants. Il s’agit d’un petit instrument d’un seul clavier, conçu et fabriqué par Louis DEBIERRE et appelé « polyphone », car certains de ses tuyaux les plus graves peuvent faire entendre, successivement, plusieurs notes. Dans un volume très réduit, dont l’aspect extérieur fait penser à un gros harmonium, ce véritable orgue à tuyaux comporte les jeux suivants, divisés en Basses et Dessus entre Si2 et Do3 :

Basses : Bourdon 8, Violoncelle 8, Flûte octaviante 4

Dessus : Bourdon 8, Violoncelle 8, Flûte octaviante 4, Bourdon 16, Flûte harmonique 8

Une soufflerie électrique aussi discrète qu’efficace, et  respectant la possibilité de souffler avec les pieds, a été posée par Jean-Pierre CONAN, facteur d’orgue à Laigné-en-Belin (Sarthe), qui a entièrement révisé l’instrument en 2002, en prévision du service qu’il devrait accomplir pendant la restauration du grand-orgue. Il est à signaler que ces deux orgues sont accordés au même diapason et au même tempérament ce qui leur permet de jouer ensemble en de grandes occasions. Cette disposition est unique à Poitiers.

Jacques Daunizeau

Association Culturelle Saint-Hilaire : expression.culturelle86@orange.fr

 Encore plus d'infos sur les orgues de Saint-Hilaire sur le site de l'Association

 et sur le site de Catholiques en Poitou